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Dragon Ball, le manga le plus connu au monde, raconte l’histoire d’un petit garçon nommé Sangoku qui a une queue de singe, qui se déplace sur un petit nuage et qui a un bâton qui s’allonge à volonté. En fait, c’est une représentation comique d’un conte bouddhiste célèbre, où Sangoku, le roi des singes, invaincu grâce à son bâton (qui s’allonge à volonté, oui, vous avez compris) considère qu’il est le plus puissant de l’univers. La chute de l’histoire, c’est que toute la vie de Sangoku se passe dans la main de Bouddha, qui n’aurait qu’à la refermer pour le tuer. Cette histoire a pour but de faire prendre conscience qu’il y a toujours quelqu’un au dessus de soi et que nos actions, qui nous semble si importantes, ne sont que des peccadilles pour l’univers.
L’aspect le plus comique du manga est sans doute qu’à la fin de celui-ci, Sangoku est beaucoup plus puissant que les dieux. On pourrait comparer cela à la dialectique du maître et de l’esclave, où les efforts de l’esclave le rendent finalement supérieur au maître (mais il n’y a bien que les japonais et Hegel pour y croire). Bon, je suis certain que 95% des lecteurs non-japonais de Dragon Ball ne perçoivent pas cet aspect, et c’est sans doute le cas pour la moitié des japonais également. Mais bon, ça vous permettra de briller en société en parlant de mangas, et ça, ça n’est pas donné à tout le monde.
Pourquoi vous-ai raconté cette histoire ? Tout d’abord pour votre culture personnelle, la raison principale pour laquelle vous me lisez (avec, pour Maud, le fait de me surveiller, car le lecteur a un pouvoir inimaginable sur l’auteur). Mais aussi parce qu’aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir fait une grande ballade sur la main de Bouddha. Et il a un humour pourri.
Après avoir été plutôt déçu par le festival de Nara, hier, dont j’étais persuadé qu’il commençait tôt et à cause duquel je n’étais pas allé à Osaka pour mon entreprise, je n’avais plus d’autre jour possible qu’aujourd’hui pour trouver mon fournisseur de figurines, si je voulais que celui-ci vienne du Kansai. En effet, je travaille tous les jours jusqu’à mon retour, à part dimanche prochain. Et comme j’ai besoin de deux jours pour trouver un fournisseur (un pour faire les repérages tout seul, un pour venir avec un interprète et clore l’affaire), ça s’annonçait tendu. Donc direction Osaka et plus particulièrement Nipponbashi, un quartier connu pour ressembler à Akihabara, le centre mondial de la culture manga. Après une heure de marche infructueuse parce que je n’avais pas fait attention sur le premier plan que le nord était à droite (ce qui arrive tout le temps au Japon. Je ne pensais pas me faire encore avoir après cinq mois), j’arrive dans le quartier. En effet, il y a pas mal de jolie maids, comme dans Akihabara (les connaisseurs sauront de quoi je parle. Les anglophones feront une traduction et se creuseront la tête. Les autres n’avaient qu’à savoir ^^ Je viens d'ailleurs de découvrir que le nom entier était "french maid". Mais comment s'imaginent-ils notre pays ?) mais ce n’est pas pour ça que je suis venu (je ne me suis même pas arrêté dans un maid café. Je me demande encore pourquoi d’ailleurs) Toutes les boutiques dans lesquelles je vais sont chères, ou bizarres, voir les deux. Après la déroute de Kyoto, j’avais peu d’espoir, et là je commence à m’inquiéter pour mon business. Je déambule, fatigué (moralement avant tout), me demandant bien ce que je fais à Osaka, n’ayant pas envie de rentrer bredouille mais pas envie de continuer. Un seul élément dramatique manque : il ne pleut pas. Bref, c’est vraiment pas la joie. Je décide donc d’abandonner.
Juste au moment de la défaite par abandon, j’arrive devant une petite boutique, je me dis « bon, autant tenter le coup » et là, miracle. La chute de la blague divine : The boutique. Exactement ce que je cherche : pas cher, des gens sympas et dynamiques, qui dès qu’ils ont compris que je viens pour une entreprise, m’expliquent qu’on peut négocier les prix lorsque les volumes sont gros, commerçants (ils m’offrent une figurine supplémentaire car j’en ai acheté pas mal) et une boutique de la bonne taille : suffisamment grande pour avoir des stocks, suffisamment petite pour vouloir travailler avec moi. Je leur explique que je reviens dans une semaine avec un interprète pour mon entreprise. Ils sont (bien sûr) ouverts tous les dimanches.
Bref, après de multiples rebondissements, ça n’annonce bien ! Je travaille avec ma meilleure interprète mardi, donc je lui demanderai si elle est disponible. Sinon, j’ai des contacts avec l’université de Kyoto, qui peut me trouver quelqu’un. Si ça marche, j’aurai alors tous mes fournisseurs. Il ne reste « plus » que le problème des financements, qui à l’avantage de se régler en France. Le compte à rebours qui me stresse tant ne serait donc plus un problème. Maintenant, à moi d’être prêt pour dimanche !
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